Comment créer de futures femmes complexées ?

Imagine une notice avec pour intitulé : « Pour que nos filles deviennent complexées ».

Personne n’a jamais vu cette notice, et pourtant tout le monde l’applique.

Le prisme de la beauté dés le plus jeune âge.

Petites, on complimente souvent les filles sur leur beauté.
Comme si leur esprit, leur curiosité, leur courage n’avaient pas de valeur. Bien sûr, rassurer et complimenter son enfant sur son physique est important. Le problème, c’est que pour les filles cela devient le compliment central — parfois même le seul.

Un conditionnement différent pour les garçons et les filles

Et il faut le dire : ce n’est pas la même chose pour les petits garçons. On leur parle plus volontiers de ce qu’ils font, de ce qu’ils tentent, de ce qu’ils réussissent. La petite fille, elle, apprend très tôt que sa beauté sera un outil pour attirer l’attention.

À force, l’apparence devient la porte d’entrée du regard. Et ce compliment répété fabrique une équation :
être aimée = être jolie.

Un monde, une seule représentation

Dans la continuité, on offre à nos filles des barbies au corps d’extraterrestre. Ces silhouettes irréelles plantent un décor mental : celui d’un corps idéal inaccessible. Puis, chaque hiver, Miss France occupe l’écran en prime time. On y juge la beauté des femmes dans le plus grand des calmes, comme si cet exercice était moral et déterminant.

À l’adolescence, le message devient plus incisif : Le monde aime la minceur, la jeunesse. Les défilés, les médias, l’industrie du cinéma et de la musique ne mettent en valeur qu’un seul type de femme, une seule esthétique. Le corps féminin entre alors dans la catégorie produit : à lisser, à corriger. On crée ainsi une multitude de complexes et la société de consommation nous vend des solutions miracles pour y remédier.

Des critères qui épuisent les femmes

Et cette absurdité ne s’arrête pas là. Les critères changent comme la météo bretonne. À partir de 2015, on assiste à l’essor des femmes aux formes généreuses. Être trop fine devient alors un problème. Il faut maintenant avoir des fesses, une taille fine et un poitrine généreuse. Merci la mode kardashian. Les femmes devraient donc se mettre à jour, version 2.5, comme si nos corps pouvaient suivre les tendances.

Le monde réel : un manifeste de diversité corporelle

Pourtant, le monde réel raconte l’inverse. Nous sommes toutes différentes : cuisses allongées ou dodues, ventres plats ou mous, avec un ou deux bourrelets, fesses plates ou rebondies, petits ou gros seins, peaux marquées par l’âge ou les variations de poids, pilosité abondante ou pas …. Et tout cela est parfaitement normal. La variété des corps fait partie de l’espèce humaine.